Nos conseils pour réussir vos photos aériennes

Par Casimir P. Pour aller plus loin 4 commentaires sur Nos conseils pour réussir vos photos aériennes

Nos conseils pour vos photos aériennes, robin aircraft

Les défauts récurrents des photos aériennes

Vous avez probablement déjà essayé de prendre des photos en plein vol. Et vous avez probablement déjà été confrontés à certaines limites propres à la photographie aérienne…

Les reflets sur la verrière de l’avion, l’effet « brumeux » au premier plan de votre photo (le filtre blanc qui semble rendre votre photo plus fade), le « flou de bougé » qui rend votre photo pas tout à fait nette mais pas tout à fait floue non plus, les ailes ou un élément de structure de l’avion qui gâche le magnifique plan que vous pensiez avoir réussi à prendre, …

Nous nous proposons, à travers cet article, de vous proposer quelques solutions et astuces pour obtenir de meilleurs clichés de vos sorties photos. Nous ne disons pas que cela fera de vous des photographes experts, mais cela aura au moins le mérite de vous aider un peu 🙂

Autofocus ou mise au point manuelle

C’est la principale difficulté dans le domaine de la photographie aérienne.
Les mouvements (et vibrations) ainsi que la vitesse de déplacement de l’avion par rapport à votre « cible », ainsi que la distance vous séparant de celle-ci (ce à quoi nous pouvons également ajouter l’effet de reflet de la verrière) sont autant d’éléments qui pourraient « tromper » votre autofocus ainsi que votre vigilance…

Après, force est de reconnaître que la mise au point manuelle est un exercice très difficile, particulièrement dans des situations comme la notre (photo aérienne) : souvent peu de temps pour la prise de décision, encore moins pour effectuer les réglages.

Notre conseil :
Utiliser le « cadrer-recomposer ». Zoomer sur le sujet pour faire la mise au point, garder le « point » (le réglage de focus – en gardant le doigt légèrement appuyé sur le déclencheur) puis recadrer (dé-zoomer) et déclencher la photo.

Vous pouvez également opter pour une plus grande profondeur de champ de manière à garantir une « netteté » sur une plus grande plage et donc à vous garantir une meilleure marge de manoeuvre de mise au point. Cependant n’allez pas au delà de F9 ou F10 au risque de donner trop de profondeur de champ à votre photo. L’effet inverse de ce que vous souhaitez risquerait de se produire : 1/ votre verrière (vitre) au premier plan sera plus facilement visible, avec ses impuretés et ses rayures 2/ votre sujet (cible) se perdra peut-être un peu dans son environnement et l’impact de votre photo n’en sera que moins bon.

CONCLUSIONPlus grande profondeur de champ (jusqu’à F10 -> astuce plus le chiffre est élevé, plus la profondeur est grande), opter pour le cadrer-recomposer ou encore estimer la distance pour pré-régler votre mise au point. Mais surtout : PAS D’AUTOFOCUS !!

 photo aérienne, conseils et astuces

La vitesse d’obturation de l’appareil

La vitesse de déclenchement de votre photo est loin d’être un paramètre à négliger.

En effet, plus la vitesse de déclenchement est courte, plus votre appareil à de chances de capter une image nette d’une cible (sujet) en mouvement (en l’occurence vous êtes en mouvement et votre cible ne l’est pas). Inversement, si la vitesse de déclenchement est longue, vous risquez (en plus d’avoir une photo sur-exposée de jour) le « flou de bouger« , terme utilisé pour qualifier le fait que l’appareil bouge pendant sa prise de vue (parce que l’être humain ne sait pas rester parfaitement immobile, parce que l’avion émet de fortes vibrations, …).

Alors effectivement, si vous avez un reflex, vous pourriez utiliser une sensibilité (ISO) plus élevée pour gagner de la marge (400 ISO voire plus). Plus vous augmentez la sensibilité de votre « pellicule », plus votre photo prend la lumière et votre reflex corrige automatiquement en adoptant une vitesse d’obturation plus courte (donc moins de risque de « flou de bouger »). A manipuler cependant avec précaution : 400ISO est un réglage normalement utilisé pour les photos en studio (de jour) ou pour des photos à luminosité faible. Si vous volez en plein jour, même par temps nuageux, nous ne vous conseillons pas d’aller si loin.

Si vous le pouvez, optez pour le mode « priorité vitesse » (Tv sur Canon) en imposant à l’appareil une vitesse d’au moins 1/500ème de seconde.

Vous disposerez aussi d’une marge plus grande pour les valeurs de diaphragme (profondeur de champ).

CONCLUSIONGardez toujours à l’esprit que votre vitesse d’obturation est votre garantie « netteté ». 1/500 à minima. Cela aura le mérite de vous donner de la marge avec les jeux de profondeur de champ (type « flou artistique », mise en avant de la cible, …).

Le cas de la verrière

Les reflets gênent énormément les photographes en vol. Il est souvent difficile d’y échapper.

reflet verrière avion

Pour gommer ces « défauts », il faudra avoir pour objectif de toujours tenir l’appareil le plus près possible de la surface transparente (en l’occurence la verrière). Il s’agit de la même technique que celle utilisée lorsque l’on photographie à travers le carreau de fenêtre : Il faut rester le plus perpendiculaire possible à la vitre et le plus proche possible. Ainsi la « perte de piqué » reste assez faible

Attention, bien qu’ingénieuse dans l’idée, l’utilisation d’un filtre polarisant peut se révéler risquée, avec notamment l’apparition de bandes de couleur.

Le cadrage : la clé d’une photo réussie

Il faut d’abord comprendre la raison pour laquelle vous voulez faire une photo : parce que ça vous rappelle un souvenir, parce que vous êtes intrigué, parce que la composition générale de la photo vous attire, … ?

La raison pour laquelle vous choisissez d’actionner le déclencheur doit vous permettre de déterminer ce sur quoi vous souhaitez mettre l’accent. La photographie est une représentation « plate » (dans le sens de « à plat ») d’une réalité en 3 dimensions. Ce côté applati nous oblige à jouer avec des paramètres et des effets pour en faire ressortir l’intérêt ou le point d’intérêt sur lequel nous souhaitons attirer l’attention.

De nombreuses méthodes existent :

1/ utiliser le flou artistique pour attirer l’oeil du lecteur (spectateur) directement vers notre point d’intérêt. Cela revient en quelque sorte à effacer le détail des autres éléments composant la photo et de ne conserver du détail et du « piqué » que pour notre point d’intérêt.

2/ choix des perspectives : quelle attaque adopter? Placer le sujet au centre de l’appareil, le mettre en perspective avec un autre objet qui permettre de donner toute sa dimension (taille, …) à notre point d’intérêt, utiliser un cadrage qui prendra le spectateur à contre-pieds

3/ utiliser l’idées de couches avec le principe des tiers : une photo est une composition (un peu comme une peinture) et le respect de certains principes de base permet de réaliser de magnifiques photos. Chose d’autant plus facile en avion quand les reliefs s’aplatissent : bande de mer, bande de montagne ou terre et, enfin, une bande de ciel et voilà une photo joliment composée.

Bien d’autres méthodes/techniques existent. L’idée n’est pas de toutes les lister ou de tenter d’en faire l’inventaire car avant tout, le cadrage est une affaire très personnelle.

Utiliser le « bracketing d’exposition » : une solution méconnue mais diablement efficace

Le bracketing est une technique permettant de réaliser une photo en « triple exposition ». L’objectif est que trois photos distinctes soient prises quasi-simultanément avec des expositions différentes.

– Une photo sous-exposée (pour que les parties lumineuses de la photo ne soient pas « cramées » ou blanches)

– Une photo « neutre » : exposition idéale pour votre photo

– Une photo « sur-exposée » : pour que les parties sombres de votre composition conservent leur grain et leurs détails

Une fois ces trois clichés enregistrés sur votre carte mémoire, et de retour sur la terre ferme, un bon logiciel de traitement HDR vous permettra de fusionner les trois photos et de garder le meilleur de chacune d’elles. Incroyable non?

Concrètement, ça donne ça :

HDR Bracketing exposition

source : site www.reflex-numerique.fr

Vous constaterez que la photo la plus à gauche (faible exposition) permet de donner tout le détail du ciel et du coucher de soleil tandis que la photo la plus à droite (forte exposition) permet de donner tout le détail de la partie sombre, à savoir le sol et le village en arrière plan !

En fin de compte, les qualités de chacune des expositions sont conservées sans effort ou presque.

Si vous cherchez un tutoriel, rendez-vous ici : traitement HDR avec lightroom 

Pour aller plus loin, vous pouvez également consulter cet article bien fait sur le Bracketing.

Le choix du bon moment

Idéalement à l’aube ou au coucher du soleil. Les lumières (la luminosité) sont plus tamisées à ces moments la de la journée, ce qui permet de régler en partie les problèmes liés aux zones sous-exposées et aux zones sur-exposées.

Mais il n’y a pas de vérité : le soleil peut apparaître derrière des nuages en pleine journée et donner une photo très réussie également.

Pour les utilisateurs de smartphones

Sachez une chose : vous pouvez réussir d’incroyables photos sans vous munir d’un réflexe. Mais il est primordial de savoir que l’autofocus sur les smartphones (le fait de faire le point sur une zone précise de la photo avant de déclencher) est puissant. Il permet notamment d’exposer correctement vos photos.

Ainsi, si la photo que vous souhaitez faire est trop exposée (trop lumineuse), vous devrez toucher du doigt une zone lumineuse (la plus proche de votre cible), ce qui aura pour effet d’assombrir votre photo. L’effet inverse sera aussi vrai dans le cas de photo apparaissant trop sombre avant exposition : appuyer sur une zone sombre à côté ou sur la cible pour la faire s’éclaircir. Facile non? Et diablement efficace !

 

Et voilà, c’est terminé! N’hésitez pas à commenter cet article si vous avez des remarques ou d’autres idées éventuelles qui permettront d’améliorer la qualité de cet article!

Nous espérons que cet article vous aura plu.
Bons vols à tous,

L’équipe des ateliers Robin Aircraft                               

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4 commentaires
  • Concours Photo – Newsroom Robin Aircraft
    Posté le 31/08/2016 à 13 h 04 min

    […] Si vous souhaitez approfondir et obtenir des conseils plus détaillés sur ce sujet, venez consulter notre article Revoir les fondamentaux de la photo aérienne. […]

    Répondre
  • C Durand
    Posté le 18/09/2016 à 17 h 35 min

    Je suis d’accord avec la plupart des conseils, mais la solutions est d’utiliser une fenêtre amovible dans la verrière (elle existe ) pour faire de belles photos surtout dans mon cas, photos des montagnes pyréneenes

    Répondre
  • BOIZOT
    Posté le 31/12/2016 à 15 h 52 min

    Bonjour
    Réalisant bcp de photos aériennes, je vous suis dans la plupart de vos conseils
    Par contre je ne préconise pas le bracketing ; cette technique qui consiste à faire 3 photos à des ouvertures différentes marche bien avec un appareil sur pied QUI NE BOUGE PAS
    J’ai essayé en vol mais le logiciel est dans l’incapacité ensuite de rassembler les 3 photos en une seule : à éviter, donc

    Répondre
    • robinaircraft21
      Posté le 03/01/2017 à 15 h 23 min

      Bonjour cher jfboizot,
      Nous vous remercions pour votre commentaire. Vous marquez effectivement un beau point! Le bracketing est une technique qui nécessite que les 3 clichés soient identiques; ce qui implique dont d’être à l’arrêt total et de ne pas effectuer de mouvements -> Donc idéalement d’utiliser un trépied…
      Merci beaucoup et à très bientôt!

      Bien à vous,
      L’équipe des ateliers Robin Aircraft

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